mon poète préféré!!!le dieu du vers!Baudelaire!

mon poète préféré!!!le dieu du vers!Baudelaire!
Bénédiction


Lorsque, par un décret des puissances suprêmes,
Le Poète apparaît en ce monde ennuyé,
Sa mère épouvantée et pleine de blasphèmes
Crispe ses poings vers Dieu, qui la prend en pitié :

- « Ah ! que n'ai-je mis bas tout un noeud de vipères,
Plutôt que de nourrir cette dérision !
Maudite soit la nuit aux plaisirs éphémères
Où mon ventre a conçu mon expiation !

Puisque tu m'as choisie entre toutes les femmes
Pour être le dégoût de mon triste mari,
Et que je ne puis pas rejeter dans les flammes,
Comme un billet d'amour, ce monstre rabougri,

Je ferai rejaillir ta haine qui m'accable
Sur l'instrument maudit de tes méchancetés,
Et je tordrai si bien cet arbre misérable
Qu'il ne pourra pousser ses boutons empestés ! »

Elle ravale ainsi l'écume de sa haine,
Et, ne comprenant pas les desseins éternels,
Elle-même prépare au fond de la Géhenne
Les bûchers consacrés aux crimes maternels.

Pourtant, sous la tutelle invisible d'un Ange,
L'Enfant déshérité s'enivre de soleil,
Et dans tout ce qu'il boit et dans tout ce qu'il mange
Retrouve l'ambroisie et le nectar vermeil.

Il joue avec le vent, cause avec le nuage,
Et s'enivre en chantant du chemin de la croix ;
Et l'Esprit qui le suit dans son pèlerinage
Pleure de le voir gai comme un oiseau des bois.

Tous ceux qu'il veut aimer l'observent avec crainte,
Ou bien, s'enhardissant de sa tranquillité,
Cherchent à qui saura lui tirer une plainte,
Et font sur lui l'essai de leur férocité.

Dans le pain et le vin destinés à sa bouche
Ils mêlent de la cendre avec d'impurs crachats ;
Avec hypocrisie ils jettent ce qu'il touche,
Et s'accusent d'avoir mis leurs pieds dans ses pas.

Sa femme va criant sur les places publiques :
« Puisqu'il me trouve assez belle pour m'adorer,
Je ferai le métier des idoles antiques,
Et comme elles je veux me faire redorer ;

Et je me soûlerai de nard, d'encens, de myrrhe,
De génuflexions, de viandes et de vins,
Pour savoir si je puis dans un coeur qui m'admire
Usurper en riant les hommages divins !

Et, quand je m'ennuierai de ces farces impies,
Je poserai sur lui ma frêle et forte main ;
Et mes ongles, pareils aux ongles des harpies,
Sauront jusqu'à son coeur se frayer un chemin.

Comme un tout jeune oiseau qui tremble et qui palpite,
J'arracherai ce coeur tout rouge de son sein,
Et, pour rassasier ma bête favorite,
Je le lui jetterai par terre avec dédain ! »

Vers le Ciel, où son oeil voit un trône splendide,
Le Poète serein lève ses bras pieux,
Et les vastes éclairs de son esprit lucide
Lui dérobent l'aspect des peuples furieux :

- « Soyez béni, mon Dieu, qui donnez la souffrance
Comme un divin remède à nos impuretés
Et comme la meilleure et la plus pure essence
Qui prépare les forts aux saintes voluptés !

Je sais que vous gardez une place au Poète
Dans les rangs bienheureux des saintes Légions,
Et que vous l'invitez à l'éternelle fête
Des Trônes, des Vertus, des Dominations.

Je sais que la douleur est la noblesse unique
Où ne mordront jamais la terre et les enfers,
Et qu'il faut pour tresser ma couronne mystique
Imposer tous les temps et tous les univers.

Mais les bijoux perdus de l'antique Palmyre,
Les métaux inconnus, les perles de la mer,
Par votre main montés, ne pourraient pas suffire
A ce beau diadème éblouissant et clair ;

Car il ne sera fait que de pure lumière,
Puisée au foyer saint des rayons primitifs,
Et dont les yeux mortels, dans leur splendeur entière,
Ne sont que des miroirs obscurcis et plaintifs ! »

Charles Baudelaire (1821- 1867)

# Posté le mercredi 07 mai 2008 11:50

Elles!!!

Pour elles...
Mes muses et démones,
Pour toutes celles qui ont peuplé
Et peuplent encore mon ile ;
Mes vierges folles,
Tentatrices et anges déchues,
Mes androgynes
Et mes nymphes adorées ...
Pour elles...
Elles!!!

# Posté le lundi 19 mai 2008 11:30

Modifié le mardi 20 mai 2008 09:57

Extrait de: "le cri" de mon recueil de nouvelles "Elles"

Extrait de:  "le cri" de mon recueil de nouvelles "Elles"
Le cri




Elle n'était plus seule. Sous ses draps, la chaleur d'un corps, la douceur d'une caresse peuplaient son univers ce matin là. À son réveil, une main bienveillante se frayait un chemin vers sa nuque offerte à l'autre. Offerte ! Elle l'était toute entière ! Soumise, Corps et âme aux tendresses intarissables et aux gémissements incertains. Fusion ! Union des sens et de l'esprit ! Dans un baiser le monde et dans son monde un baiser avait tout bousculé ! Toutes ses convictions et certitudes, toutes ses ambitions et toutes ses croyances, bouleversées dans les bras de la passion naissante ! Sara offerte à l'autre, cessait d'être la brillante et sérieuse professeure de poésie pour devenir une femme. Jamais amour ne fut plus puissant ! Tout aurait pu être parfait... Seulement, la perfection n'a jamais été de ce monde !

Sara était une femme exquise, belle et intelligente. Grande brune aux yeux de bronze, elle ressemblait beaucoup aux odalisques d'Ingres ! Professeure de poésie et poétesse méconnue, Sara aimait l'art et vénérait les expressionnistes, qui allaient devenir témoin de son amour mort-né et gardiens de son éden secret.

13 avril 1998, le musée de la villa des arts de Casablanca accueillait une rétrospective expressionniste. Rayane, jeune artiste, ne manquait aucune manifestation artistique. Il était écrit quelque part que ce jour là l'amour aussi allait se manifester.

Sara n'en croyait pas ses yeux. Elle était là devant son tableau préféré. « Le Cri » d'Edvard Munch raisonnait presque dans ses entrailles ! Fascinée, elle humait, les paupières closes, cette angoisse parfumée qui s'en dégageait et l'envoutait !

« Fascinant ! N'est ce pas !? » Murmura une douce voix derrière elle. Au moment ou Sara se tourna, son regard frôla deux perles bleues, captivantes, était-ce un ange ? Vision hallucinante de l'être parfait, androgynie tentante ! Oui, en effet, c'était fascinant ! Pendant un siècle de vingt secondes, le monde n'était plus le monde !

L'amour se conjuguera désormais au féminin !

« Oui, fascinant ! » répondit Sara troublée.
(....)

# Posté le lundi 19 mai 2008 11:58

Modifié le lundi 19 mai 2008 12:10

La vierge écarlate

La vierge écarlate
La vierge écarlate

Vierge vorace ! Ton corps insatiable crie famine !
Vierge affamée ! Tu te tords dans l'oubli, dans l'envie insatiable d'une caresse, d'un baiser!
Vierge avide ! Tu brûles et ta chair est languide !

Tu ne sentiras point son souffle sur ta nuque !
Tu ne sentiras pas sa main frôler tes seins nus !
Tu te tordras seule, le matin à ton réveil, dans ton lit solitaire !

Elle ne goûtera pas aux fruits de ta volupté !
Elle ne baisera pas de ses lèvres qui te hantent et te possèdent ta nubilité !

Vierge folle !! vierge exécrable !!
Tu es ardeur vorace et désir inachevé !

Tes seins réclament ses baisers et tes lèvres murmurent amèrement son nom !
Amèrement tu t'offres à son ombre, tu rêves qu'elle te touche, que de ses mains elle te caresse !
Onanie honteuse !
Elle ne verra point les larmes de ta candeur imparfaite !
Elle ne saura pas qu'elle nourri tes rêves de promesses et de baisers murmurés qui s'envolent au petit matin, à ton réveil !
Elle ne saura jamais que tu es !
Vierge folle et abjecte !
Meurt dans l'amour d'elle !!
Meurt étouffée par un orgasme incertain qu'elle ne te prodiguera jamais !

# Posté le mardi 20 mai 2008 09:43